Comment fonctionne l’acupuncture ?

COMMENT AGIT L’ACUPUNCTURE?

Selon la tradition chinoise, le corps est parcouru par des circuits le long desquels circule l’énergie. Ces «canaux énergétiques», appelés les méridiens peuvent être comparés à des rivières qui parcourent le corps pour irriguer et nourrir les tissus. Un obstacle dans un canal énergétique est comparable à une digue placée sur une rivière.

L’acupuncture permet de modifier la circulation de cette énergie en introduisant de fines aiguilles aux points d’acupuncture. Elles éliminent les obstacles et rétablissent le courant normal dans les méridiens assurant une meilleure circulation.

Ces termes et ces concepts peuvent heurter nos esprits occidentaux. Il ne faut pas oublier que la médecine chinoise est très ancienne. Les praticiens d’alors ont essayé d’en comprendre le mécanisme d’action. Ils ont donc expliqué leurs découvertes à la lumière des connaissances philosophiques et culturelles de leur époque.

Cependant, certaines découvertes scientifiques modernes nous permettent progressivement d’expliquer différemment l’action de l’acupuncture.

 

LES POINTS D’ACUPUNCTURE

  • On a répertorié plusieurs centaines de points d’acupuncture (dont 361 principaux).
  • La plupart des points d’acupuncture sont situés sur les méridiens. Certains sont situés en dehors de ces trajets (ils sont appelés points hors méridiens).
  • Ils ont une localisation anatomique très précise.
  • Ils sont situés dans un creux, au fond d’une dépression cutanée palpable, sensible à la palpation profonde.

Le point d’acupuncture peut être comparé à une cible. L’action du point est d’autant plus efficace que l’on se rapproche de son centre.

Le point d’acupuncture présente des caractéristiques électriques particulières. Les travaux du docteur Niboyet ont réussi à démontrer que la résistance électrique de la peau est 10 fois moins élevée aux points d’acupuncture. C’est cette propriété qu’utilise le détecteur de point.

Son efficacité dépend de l’innervation cérébro-spinale et du système neurovégétatif. L’injection de procaïne au point d’acupuncture ainsi que des lésions spinales (paraplégiques) font disparaître l’effet analgésique. (Térénius et Han).

Sous un point d’acupuncture on trouve une grande variété d’éléments comme du tissu conjonctif, un nerf ou des éléments vasculaires. Dans plus de 50 % des cas, leur localisation correspond à un point moteur (point de pénétration du nerf dans le muscle). Les points moteurs sont tous des points d’acupuncture, mais l’inverse n’est pas vrai.

 

LES MÉRIDIENS

Le trajet de certains méridiens est intéressant : celui appelé «méridien du coeur» qui suit le trajet de la douleur cardiaque; ou celui des «méridiens de la vessie» et de la «vésicule biliaire» qui suivent le trajet de la sciatalgie selon leur racine nerveuse respective (S1 ou L5). Les méridiens semblent être des lignes qui auraient servi de moyen mnémotechnique aux praticiens chinois.

Action 

Les circuits nerveux peuvent être simples: partant des terminaisons nerveuses de la peau, ils empruntent les nerfs sensitifs jusqu’à la moelle épinière, puis les nerfs moteurs jusqu’aux muscles. Ce sont ces circuits qui sont activés dans le traitement des crampes. Dans d’autres cas, il y a libération de substances qui ont un fort pouvoir anti-douleur. Ainsi pour éliminer les douleurs musculo-squelettiques, on active les terminaisons nerveuses des nerfs qui se trouvent en relation avec les articulations concernées.

Pour supprimer les douleurs viscérales (des intestins, de l’estomac…) on stimule les terminaisons nerveuses des zones qui correspondent à la projection nerveuse des viscères à la surface de la peau. En activant les terminaisons nerveuses d’une zone, il se produit une libération de réactions biochimiques, qui se traduit par l’élimination de la douleur dans l’organe correspondant.

Dans d’autres cas, les circuits nerveux sont plus complexes et ont pour relais le cerveau. Le soulagement des maux de dents par l’acupuncture s’explique par la production d’endorphines libérées par le complexe hypothalamo-hypophysaire. L’amélioration obtenue dans des maladies d’origine inflammatoire – tendinites, conjonctivites, arthrites, rhinites, gastrites – provient de l’action anti-inflammatoire engendrée par la stimulation de l’aiguille dans les sites concernés.